dimanche 1 octobre 2017

Encore un livre

Encore un livre dont il faut que je vous parle ! J'ai entendu il y a quelques jours une interview de l'auteur, et j'ai acheté le livre le midi même. Il faut reconnaitre que l'objectif est ambitieux : en finir avec la pauvreté. Je dois reconnaître que j'ai aussi été piqué par une remarque sur les emplois les mieux rémunérés et les moins utiles, parmi lesquels l'auteur range les consultants. Je crois qu'il a tort - du moins en ce qui me concerne. Je n'ai pas de costumes sur mesure, ni de voiture italienne, et mes interventions apportent quelque chose à mes clients. De la vraie valeur. Mais, comme le titre de "consultant" n'est pas protégé, il existe de très nombreuses variantes de l'activité. Et nul doute que dans quelques mois, le jeune Franck Ribéry sera recruté comme consultant par une chaine de télévision, rejoignant le consultant Candeloro et la consultante Marie-José Perec. Je ne remets pas en cause l'époustouflant palmarès sportif de ces personnes, mais nous ne faisons pas le même métier.

Rutger Bregman est un journaliste néerlandais, et il a écrit un livre salutaire, en rappelant, références à l'appui, les multiples expériences tournant autour du revenu universel, et de sa grande efficacité économique. Il est plus efficace de donner directement de l'argent aux pauvres, sans leur poser de questions, que de leur demander de venir remplir de lourds formulaires que de multiples agents publics et associatifs vont relire, analyser, classer, avant de se réunir et de décider qui aura droit à laquelle des innombrables aides possibles. 1 € donné directement à un SDF rapporte 3 € à la société, en économies sur la santé, la police, la justice. Sans même parler du cout de traitement de la demande. Après tout, les individus concernés pourront alors faire leur "vrai" métier, et accompagner ceux qui le souhaitent...

C'est en droite ligne avec ce que je défends depuis longtemps : faisons simple et efficace !

Au-delà du revenu universel, le livre (très documenté) aborde des points connexes, comme l'ouverture des frontières, l'inutilité du PIB en tant qu'indicateur, ou la réduction du temps de travail. C'est Keynes, l'économiste libéral, qui, en 1930, pronostiquait que les salariés de 2030 ne travailleraient plus que 15 heures par semaine, et que le plus grand défi de l'humanité serait de savoir que faire de ses loisirs ! L'écriture est claire, concise, le livre agréable à lire.

Et l'épilogue vaut à lui seul que l'on achète le livre. Il nous y présente le "socialiste perdant", personnage généreux, mais résigné. Avant de nous recommander de croire que les solutions sont possibles et que la normalité d'aujourd'hui était hier une utopie irréaliste (le non-travail des enfants, l'abolition de l'esclavage, le droit de vote des femmes, etc.), il cite Rebecca Solnit (journaliste américaine, écrivaine sur des sujets de société)  "Il y a un genre de militantisme qui a plus à voir avec le renforcement de l'identité qu'avec le fait d'obtenir des résultats"

Cette phrase n'a pas fini de me faire réfléchir.

H