dimanche 28 août 2016

Efficacité

Hier dimanche, ma voiture est tombée en panne sur l'autoroute, Pas d'accident, pas de blessés, il faisait beau... Juste un désagrément. Comme il y a une option "assistance" à mon contrat d'assurance, j'ai passé quelques coups de téléphone, et un camion d'assistance est arrivé. Quelques minutes après, une autre voiture est tombée en panne au même endroit. Comme le contrat d'assurance de la conductrice avait lui aussi une option assistance, elle a fait comme moi.

Les dépanneurs sur l'autoroute sont titulaires d'une concession, ils doivent intervenir dans les 30 minutes. 2 véhicules au même moment au même endroit, la dépanneuse a pris les 2 véhicules et les 5 passagers (au total) en un seul voyage, jusqu'au garage du dépanneur. Efficace, au moindre cout : c'est ce que l'on appelle l'efficience. Rien à dire.

Une fois au garage, il faut organiser la fin du voyage, qui va se faire en taxi. Une trentaine de km pour moi, une quarantaine pour l'autre véhicule. Dans la même direction. Le hasard faisant que nous soyons tous deux chez le même assureur, c'est la même société de taxi qui a été sollicitée. Là encore, nous avons fait taxi commun. Efficacité, au moindre cout. C'est une bonne chose.

En discutant de ces arrangements, l'une des personnes nous a raconté sa propre expérience, qui remonte au mois de juillet dernier. Une réparation sur le circuit d'eau dans son appartement ayant lâché, elle a causé un dégât des eaux dans l'appartement de son voisin du dessous. Les assurances sont faites pour cela, ils rédigent un constat amiable et chacun d'eux envoie sa partie à son assureur. Là encore, ils ont le même assureur. Et c'est la même personne qui va traiter les deux aspects du dossier. Laquelle personne mandate un expert pour la victime, et un expert pour le responsable. Ce sont les vacances, un expert viendra de la ville, on ira chercher l'autre dans le département voisin, à une petite centaine de km de là.

Comment ça, deux experts ? "Mais c'est la règle !" assure l'agent, chez l'assureur. La règle, peut-être, mais là, l'eau coule sur le plancher des toilettes de l'appartement du dessus, et coule du plafond de l'appartement du dessous. La cause est accessible à un non-expert ! "Mais c'est la règle !" La règle, nous voulons bien l'entendre, mais de toutes façons, vous allez payer ? S'il s'agit de limiter le cout, pour que le plombier ne charge pas trop la facture, un expert est suffisant, non ? Il est indépendant, il est expert, si on en prend deux, c'est que l'on met en doute soit leur expertise, soit leur indépendance ? Cela pose un problème, non ?

Non, cela ne pose pas de problème. C'est beaucoup plus simple que cela : si on prend deux experts, c'est que c'est la règle.

Ce qui est certain, c'est que ceux qui écrivent les règles ont oublié la possibilité de faire confiance à ceux qui sont chargés de les faire appliquer. Peut-être parce qu'ils ne leur font réellement pas confiance. Nous serions alors dans une situation dont je parle souvent ici : la mise en place d'un arsenal de procédures alors que l'on n'a pas réfléchi au système mis en place, ni aux buts du système. Et c'est une responsabilité de la direction de cet assureur mutualiste.

Ce qui est certain aussi, c'est que ces couts de non-qualité impactent directement le montant des primes d'assurance que nous payons...

H

dimanche 21 août 2016

Compétence (encore et toujours)

Je parle régulièrement de l'indispensable compétence dont doivent faire preuve les pilotes de processus. Et l'on sait que ce n'est pas toujours le cas : il arrive que des pilotes ne possèdent qu'une partie de la compétence nécessaire. Et leurs actions ne sont alors pas toujours optimales.
Là, par exemple, ce pilote avait probablement en tête la largeur de la voiture qu'il conduit habituellement. Et qui doit être une Fiat Punto, ou ce genre-là, un poil moins large que la voiture de papa.

Lequel va faire la tête, à n'en point douter.

Si toutes les erreurs de pilotes incompétents pouvaient avoir une visibilité aussi grande, nul doute que l'on réfléchirait à deux fois avant de confier des responsabilités à qui que ce soit.

H

(photo prise à Nantes, en ce mois d'août 2016)

mardi 26 juillet 2016

Nausée

L'enthousiasme n'aura pas duré bien longtemps. Eux aussi, ils l'ont fait. Assassiner un prêtre âgé est d'une lâcheté indicible. Qui peut y voir de la bravoure ? Quels chefs peuvent-ils s'enorgueillir de telles abjections ? Quand de grands gaillards, incapables de créer, détruisent plus faibles qu'eux, je pense que tous les Dieux des divers paradis se réunissent pour se désespérer.

Je rends bien sur hommage aux victimes de Saint-Étienne du Rouvray, et m'associe à la peine de leur famille et de leurs proches.


H

lundi 25 juillet 2016

Ils l'ont fait !

Avec les nouvelles que les radios nous jettent au visage, heure après heure, depuis quelques semaines, j'étais un peu désespéré du genre humain. Les barbares sèment la désolation derrière eux, nos élites (ou prétendues telles) y voient une opportunité pour faire parler d'elles, et profitent de chaque micro, de chaque objectif pour s'enfoncer dans l'abjection - rien de réjouissant.

Mais là, ce matin, c'est l'enthousiasme. Bertrand Piccard s'est posé à Abu Dhabi la nuit dernière, aux commandes de Solar Impulse 2, cet avion électrique non nucléaire qui vide la nuit les batteries que le soleil a rechargées le jour.


En 1927, Charles Lindbergh a construit un avion difficile à piloter (pas de vitre à l'avant, les seules ouvertures étaient des hublots sous l'aile, à l'arrière des roues - pour décoller, passe encore, mais pour atterrir, pour s'aligner sur l'axe de piste ?) pour traverser l'Atlantique et remporter un prix de 25 000 $. Le premier véritable vol des frères Wright ne datait que de 1903...

Ce tour du monde, avec traversées des 2 océans, qu'ont accompli les équipes de Solar Impulse 2 est à mon avis du même niveau. Je suis heureux d'avoir vu ça depuis mon fauteuil, grâce à la technique moderne.

Merci à vous !

H

mardi 28 juin 2016

Autopromo - bis

Encore un petit moment de satisfaction nombriliste : voici un petit article sur la revue de direction, que j'ai publié dans la revue Biologiste Infos.

Laboratoires comme industrie, c'est un moment souvent perdu !

H

dimanche 12 juin 2016

C'est beau, les convictions !

Dans les blogs et les forums sur Internet, on lit de très nombreuses opinions. Pas toujours reluisantes, souvent ineptes, vulgaires, méchantes. Mais là, j'en ai trouvé une qui m'a fait sourire.

Je vous ai parlé de la vente possible / probable / prochaine ? de l'école qui m'a formé aux Qataris propriétaires du PSG. Le commentaire de ce lecteur est plein d'indignation : "J'ai honte pour la France !" écrit-il, en ajoutant "Pays des droits de l'homme vendu à ses monarchies moyenageuse !".

Je vais faire l'impasse sur l'orthographe approximative, pour m'intéresser à l'avatar du bonhomme. J'ai cliqué dessus et j'ai vu ceci (j'ai anonymisé les infos) :


J'ai l'impression que, dans son esprit, les "monarchies moyenâgeuses" ne sont pas si détestables que cela, puisqu'il consacre au moins une partie de ses loisirs à se plonger dans ce qui ressemble à un semblant de nostalgie vaguement guerrière...

Certaines personnes n'ont pas de filtre !

H

samedi 11 juin 2016

Le saviez vous ?

On trouve des tas de trucs intéressants sur Internet.
Et puis des erreurs aussi. Ce n'est pas une grande nouveauté que je vous livre là - tout le monde est au courant. Une question que je me pose, c'est de savoir si l'erreur est volontaire ou non. On se souvient (les plus anciens se souviennent) du secrétaire général de la CGT, le sympathique Henri Krasucki, s'emmêlant les pinceaux entre anciens et nouveaux Francs. À l'évidence, l'erreur est involontaire. Mais parfois, on vise la désinformation.

Le cas du site Internet Gerbeaud.com est intéressant. Édité par une SARL ayant un seul salarié qui atteint un CA dépassant les 100 000 €, on y trouve des conseils de jardinage; il contient en particulier une page consacrée au désherbage manuel, sur laquelle on trouve l'encadré suivant :
Le saviez-vous ?

1 seul gramme de la substance active d’un pesticide suffit pour rendre impropre à la consommation 10 000 m³ d'eau soit l’équivalent de 3 piscines olympiques, ou encore la consommation de 50 foyers de 4 personnes pendant un an !

1 gramme de pesticide suffit à polluer un ruisseau d’un mètre de large et un mètre de profondeur sur 10 km.


Les chiffres sont impressionnants, inquiétants, même. Mais à y regarder de plus près...

"Un gramme de la substance active d'un pesticide" sous-entend que tous les pesticides sont identiques. C'est à l'évidence une affirmation fantaisiste - puisque le même site recommande d'utiliser le savon noir. Si le savon noir est actif, c'est ... qu'il possède une substance active ! Mais celle-là ne poserait aucun problème ?

"rendre impropre à la consommation" implique que la définition de ce qui est propre ou impropre à la consommation soit partagée. C'est là encore difficile à garantir - ne serait-ce que parce que les différentes autorités de réglementation (Organisation Mondiale de la Santé, Union Européenne, Administration Américaine de l'alimentation et du médicament pour n'en citer que trois) ne sont pas d'accord entre elles. On peut même rajouter une couche de confusion en faisant remarquer que certaines associations écologistes demandent à revoir (à la baisse) les quantités maximum autorisées aujourd'hui.

À présent, voyons les calculs:
le site du Centre d'Information sur l'eau nous dit qu'un foyer de 4 personne consomme 150 m3 d'eau par an. Pour arriver à 10 000 m3, il faut 10000/150 = 66,7 foyers. En n'en comptant que 50, l'auteur fait une petite approximation, par défaut pour sa démonstration - rien à dire.

Uns piscine olympique mesure 50 m x 25 m x 2 m de profondeur au minimum, et 3 m recommandés. Une piscine olympique mesure donc entre 2500 et 3750 m3, et il faut entre 2,6 et 4 piscines olympique pour contenir 10 000 m3 - toujours rien à redire.

Ensuite, j'ai été regarder la directive européenne 98/83/CE, relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine. On y liste un certain nombre de matières, avec des limites maximum admissibles. Pour chaque pesticide, on est par exemple à 0,1 µg/L. Cela fait 0,1 mg/1000 L, ou 0,1 g pour 1000 m3, ou 1 gramme pour 10 000 m3. Donc, oui, un gramme de substance active peut en effet poser des problèmes importants. Mais allons plus loin.

Je suis allé chercher une molécule bien toxique, pour laquelle la limite est de 0,01 µg/L, il s'agit du benzo(a)pyrène. Cancérogène reconnu, produit par la combustion incomplète du bois, du charbon de bois (c'est à cause de lui qu'il faut limiter la consommation de grillades), du diesel, ou ... de la cigarette.

0,01 µg/L, c'est 10 ng/L (une cigarette peut en générer jusqu'à 5 fois plus), ou 10 µg/1000 L, ou 10 mg/1000 m3, ou 1 g/100 000 m3. 1 g de benzo pyrène rend impropre à la consommation CENT MILLE MÈTRES CUBES d'eau potable. Là, on peut dire que c'est un produit super toxique, Dix fois pire que les substances actives des "pesticides"

Que penser alors de ceux qui recommandent d'utiliser une décoction de mégots de cigarettes, pour protéger leurs plantes des fourmis ou des pucerons ?

H